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Une histoire pas comme les autres

Le FC Metz et le RC Lens ont toujours entretenu des rapports particuliers, grâce à leurs fortes similitudes, mais également à travers les évènements historiques qu’ils ont partagés à la fin des années 90.
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Lancés dans le grand bain du football professionnel dans les années trente, le RC Lens et le FC Metz connaissent un parcours plutôt similaire dans le football hexagonal. Malgré quelques accidents de parcours au cours de leurs histoires respectives, ces deux clubs historiques ont passé le plus clair de leur temps à naviguer au plus haut niveau du football français. Ils peuvent d’ailleurs se targuer d’avoir chacun passé cinquante-sept saisons en première division à ce jour, soit plus, soit dit en passant, que le Paris Saint-Germain, l’Olympique Lyonnais, l’AS Monaco ou encore le LOSC.

Après avoir vécu des années fastes dans les années 80 et 90, avec quatre coupes remportées par le club grenat, une coupe et un titre de Champion de France côté Sang et Or, les deux formations ont entamé une période plus délicate dans les années 2000 qui les ont conduites en Ligue 2, et même en National pour les Lorrains. Mais, depuis cette saison, les deux clubs jouent les premiers rôles du Championnat de Ligue 2 et pourraient bien se retrouver dans le même wagon, direction la Ligue 1, en mai prochain s’ils terminent la saison comme ils l’ont entamée. En attendant de connaître l’épilogue de l’exercice 2013-2014, et de savoir si les hommes du président Serin parviendront à prendre une sérieuse avance sur leur rival samedi, retour sur une histoire commune mouvementée et les similitudes qui lient les deux clubs.

Lens, bête noire historique du FC Metz ?

Alors que le FC Metz fait son bonhomme de chemin, sans interruption depuis 1968, sur les pelouses de première division, le club grenat commence à jouer les premiers rôles du championnat au terme de l’exercice 1994-1995, après avoir obtenu la huitième place de la compétition. Quatrièmes, puis cinquièmes les années suivantes, les Messins allaient vivre leur plus belle saison en 1997-1998. Doté d’une équipe de choc, avec dans ses rangs des joueurs tels que Song, Gaillot, Meyrieu, Blanchard, Kastendeuch, Pires ou encore Saha, le club à la Croix de Lorraine débutait la saison sur les chapeaux de roues en enchaînant neuf matches sans défaite, parmi lesquels la bagatelle de sept succès.

Autant dire que, cette année-là, rien ne semblait pouvoir résister aux Grenats. « Nous avions une équipe capable de battre tout le monde à ce moment-là », se remémore l’ancien numéro 10 messin, Frédéric Meyrieu. Pourtant, pendant que le club mosellan accusait un peu le coup à la mi-saison, les hommes de Gervais Martel poursuivaient leur route sans faire de vague jusqu’au jour où les deux formations se sont rencontrées au Stade Saint-Symphorien, à cinq journées de la fin du championnat. Les Messins perdaient alors ce match (0-2) et se faisaient détrôner par les Lensois, qui n’avaient pourtant jamais mis un pied sur la plus haute marche du podium de la saison, excepté à la première journée. « La défaite contre Lens nous a fortement pénalisés car si nous ne perdons pas le match, nous sommes champions, se souvient Carlo Molinari, alors président du club grenat; même si avec du recul, je pense également que nous avons aussi laissé filer un point précieux à Cannes. »

Les Lorrains terminaient pourtant la saison en trombe, comme ils l’avaient débutée, en décrochant quatre succès lors des quatre dernières rencontres, mais ce fut finalement les Nordistes qui  ajoutaient une jolie ligne à leur palmarès le 9 mai 1998, coiffant sur le fil les protégés de Joël Muller, à égalité de points, mais avec un goal-average favorable. « C’était particulier car nous étions à la fois très déçus d’être battus de la sorte mais en même temps satisfaits d’avoir accompli notre devoir car la saison était tout de même extraordinaire, poursuit l’actuel vice-président du club. Compte tenu des moyens du club cette année-là, nous avons vraiment réalisé une saison superbe avec de grands joueurs et nous avons vécu des ambiances exceptionnelles ! Je me rappelle avoir conduit le camion où les joueurs étaient installés jusqu’à l’Hôtel de Ville de Metz à la fin de la saison, sur place, plus de dix mille personnes étaient présentes, c’était un immense moment de joie malgré tout. »

La saison suivante, les Grenats subissaient à nouveau l’impitoyable loi lensoise en s’inclinant à trois reprises face aux ouailles de Daniel Leclercq, deux fois en championnat et une troisième en finale de la Coupe de la Ligue. Cette nouvelle désillusion, face aux Nordistes encore une fois, est particulièrement bien gravée dans la mémoire de Carlo Molinari. « Nous n’aurions jamais dû perdre cette finale ! Nous avons joué devant 80 000 spectateurs au Stade de France, c’est la première fois que ce stade accueillait une finale entre deux clubs français. Je n’oublierai pas le but de Daniel Moreira qui semblait pourtant irréalisable. Les Lensois inscrivaient alors un but très heureux pour eux, alors que nous venions tout juste de nous procurer deux occasions magnifiques par l’intermédiaire de Nenad Jestrovic. Ce jour-là, je le reconnais, je me suis dit que le RC Lens était vraiment notre bête noire ! »

Des valeurs communes

Si les deux clubs se sont livrés quelques duels de choc, que les Messins ont perdus de justesse, à la fin des années 90, ils ne sont pas ennemis pour autant. Pour preuve, nombreux sont les joueurs à avoir porté les deux maillots, tels que Rodriguez, Meyrieu, Blanchard ou plus récemment Eduardo. Si certains footballeurs ont fait à la fois les beaux jours du FC Metz et du RC Lens, c’est aussi qu’ils ont retrouvé, au sein de ces deux clubs, des valeurs similaires fortes auxquelles ils sont attachés.

A Metz, comme à Lens, « nous acceptons la défaite, assure Carlo Molinari, mais seulement si les joueurs présents sur le terrain ont un comportement, une attitude ainsi qu’un engagement irréprochable sur le terrain. »  « Ces deux équipes ont toujours pratiqué un football sain, dans le sens où elles veulent gagner, mais toujours avec la manière », analyse Jocelyn Blanchard, aujourd’hui directeur sportif du RC Lens.  Autant dire que, pour s’imposer dans l’un de ces deux clubs, il vaut mieux être prêt à mouiller le maillot et défendre ses couleurs en toutes circonstances. « Les deux clubs s’imprègnent finalement des valeurs partagées par leurs supporters, poursuit Carlo Molinari. Ils ont pour la plupart un lien, de prés ou de loin, avec les mines de charbon et de fer, et ils comprennent mal, à juste titre d’ailleurs, que l’on ne défende pas avec cœur et volonté le maillot que l’on porte. »

Finalement, les deux prétendants à la montée en Ligue 1 partagent des valeurs humaines similaires telles que « le travail, le respect » pour Jocelyn Blanchard mais ils attachent également de l’importance à ce qu’il règne une « ambiance familiale au sein du club » selon Frédéric Meyrieu et Bruno Rodriguez. Ces valeurs, elles sont également appliquées par ces deux équipes au sein de leur centre de formation, « où l’on cherche avant tout à former des joueurs avec une bonne éducation » précise Jocelyn Blanchard.

En imposant ces principes à toutes les composantes du club depuis leurs créations respectives, le RC Lens et le FC Metz sont parvenus à fidéliser leur public, de génération en génération. « J’ai tout de suite remarqué en arrivant à Metz que, comme à Lens, les supporters ici sont très présents et surtout, ce sont des passionnés », souligne l’attaquant brésilien Eduardo. Les affluences de la saison  en cours parlent d’elles-mêmes puisqu’avec 28 986 spectateurs en moyenne, le RC Lens dispose de la 6ème affluence de France, et le FC Metz de la 20ème avec 12 374 supporters en moyenne.  « Le public est toujours présent, dans les moments difficiles ou les bons moments, que ce soit en Moselle ou dans le Nord » ajoute Frédéric Meyrieu. La future opposition entre Metz et Lens, prévue samedi 8 mars, devrait confirmer ces dires puisqu’une forte affluence* est prévue dans l’antre des Grenats !

Aujourd’hui, les deux formations se tirent la bourre sur le podium du Championnat de Ligue 2. Si l’on pouvait prédire un tel parcours au RC Lens, qui a enregistré l’été dernier la venue d’un riche homme d’affaire azéri en la personne d’Hafiz Mammadov, au coup d’envoi de la compétition, il était alors difficile d’imaginer les Grenats, promus du National, à un tel rang. Evidemment, les ex-pensionnaires des maisons messine et lensoise espèrent tous une fin de saison heureuse pour les deux clubs, puisque trois places sont à pourvoir dans l’ascenseur pour la Ligue 1. Mais, il y a toutefois fort à parier que les supporters messins espèrent, pourquoi pas, pouvoir prendre leur revanche sur l’histoire en coiffant, à leur tour, les Sang et Or sur le poteau dans la course au titre. Mais avant de faire des plans sur la comète, « restons humbles et prudents car rien n’est encore acquis », souligne, à juste titre, Carlo Molinari.

*Plus de 16 000 billets ont été vendus mercredi soir.

 

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